Inquiétudes concernant l’agrandissement de l’école Montfort

Depuis début juillet 2009 des travaux d’aménagement ont lieu à l’école de Montfort laissant présager l’extension des activités de celle-ci. Le développement de cette école pose un problème sérieux de sécurité et de tranquillité dans un quartier à vocation rurale. Ce développement va à l’encontre des efforts en matière de réduction d’impact environnemental et de consommation d’énergie. Il devient urgent de définir un projet clair pour cette école qui ne rencontre plus son but initial d’école de quartier.

Publié le mercredi 9 mai 2012

L’école de Montfort, Chera de la Gombe, 32 à Esneux, était auparavant une école fréquentée par les enfants du village et des environs. Des liens étroits existaient entre les habitants du quartier et cette école. Il y a quelques années, la fréquentation diminuant, elle faillit être définitivement fermée. Une solution à cette baisse de fréquentation fut apportée par l’offre d’un enseignement en immersion en anglais. Le programme débuta en septembre 2000, aujourd’hui plus de 160 élèves y sont inscrits.

Le succès de cette initiative se fait malheureusement aux dépens de la qualité de vie du voisinage. L’école n’est plus une école de quartier. La grande majorité des élèves viennent de loin - parfois de très loin - et évidemment en voiture puisque dans ce lieu perdu il n’y a pas d’alternative. La circulation le matin et en fin d’après-midi est démentielle, les parents pressés (école - boulot - école - courses ...) roulent au-delà de la vitesse autorisée. Il y a quelques semaines j’ai visité à peu près toutes les maisons de la rue pour un autre problème. Dans chaque maison (vraiment chaque) on m’accueillait avec ces mots : “ Vous venez pour la circulation due à l’école ? Dites combien nous sommes terrorisés par ce trafic ! ”. Aux abords directs de l’école la situation n’est pas meilleure ; le manque de place empêche les parents de garer leur véhicule de manière à sécuriser la traversée de la route par les enfants.

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La Chera est une rue étroite où les véhicules ne peuvent se croiser, où il n’y a pas la place pour un 4x4 et un piéton. L’accroissement de circulation suite à l’augmentation de la fréquentation de l’école (plusieurs centaines de passages par jour) est intenable. Par chance il n’y a pas encore eu d’accident grave - jusqu’à présent seuls nos chats et ceux de nos enfants en ont fait les frais. Le quartier n’est pas conçu pour un transit de cette ampleur. Si l’on considère les choses à un niveau plus global on peut se poser la question du bien fondé d’implanter une école fréquentée par des élèves venant de loin en dehors d’un centre urbain accessible par les transports publics. L’école se situe à un peu plus de 4 km du centre d’Esneux. Quel gaspillage de temps et d’énergie, quelles quantités inutiles de CO2 émis, alors que par ailleurs on essaie de tout faire pour les réduire.

Il est à craindre que cette situation empire suite aux projets d’extension des activités de l’école. Plusieurs parcelles de terrain situées à l’arrière de l’école ont récemment été acquises par la commune. Malgré le fait que les terrains acquis soient classés dans une zone ‘espaces verts’, des travaux de terrassement significatifs y ont été effectués (img65). Ils ont été suivis de la pose de systèmes d’égouts et de circuits électriques, ainsi que de la mise en dur des prairies avec asphaltage, afin d’ y placer les conteneurs rapatriés de Fontin.

Il est à noter que la rue n’étant pas égouttée, les conduits débouchent dans la fosse conçue à l’époque où la population de l’école était nettement plus modeste.

Ces aménagements ne respectent pas les prescriptions légales en matière de zone verte. Effectués dans la précipitation ils conduisent en une nette dégradation du caractère rural du site. Les riverains de l’école voient leur environnement dégradé, et ce, de manière totalement illégale. Cette manière de faire est choquante de la part d’une autorité publique.

Sans remettre en cause le projet pédagogique de l’école, plusieurs questions doivent être examinées. Est-il possible de définir un mode de fonctionnement qui respecte tant le lieu que ses habitants ? Comment améliorer la sécurité des élèves et des riverains ? Faut-il reconsidérer l’implantation de l’école ? En ce printemps 2012, il est opportun, avant toute transformation lourde, de conduire une réflexion sur ces sujets avec toutes les personnes concernées : responsables politiques, responsables éducatifs et riverains.

Anne Mouchet.