Sortir du nucléaire ?

Publié le dimanche 17 mars 2013

Le triste anniversaire de l’accident grave de Fukushima a été, ce 10 mars 2013, l’occasion de manifestations dans le monde entier, notamment, chez nous à Tihange.

Si un incident du même ordre que Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) ou Fukushima (2011), devait survenir à Huy, notre commune devrait définitivement être évacuée par la population qui voudrait se mettre à l’abri d’une contamination importante.

C’est dire que le nucléaire nous concerne. Un "incident", comme le dit pudiquement le secteur nucléaire à propos de Fukushima qui a rapidement été classé 5, serait une catastrophe de premier ordre pour Esneux.

Le débat du nucléaire est une chose acquise : le dossier a été visité et revisité par les experts et les vulgarisateurs et la cause est entendue, sans appel. Le débat sur cette question n’a donc plus de sens.

Mais des journalistes peu informés tentent régulièrement de ramener dans l’arène des experts opposés pour relancer un débat clos, entendu, jugé. Cela les dispense de prendre clairement position à l’encontre des pouvoirs publics qui ont tant de peine à trancher courageusement en vertu du principe de précaution et en dépit du puissant lobby énergétique.

L’anniversaire de Fukushima en a encore été l’occasion, pour la LLB de confronter des protagonistes appelés à se positionner. Il intéressera probablement les citoyens de la commune d’apprendre qu’un de ces protagonistes est esneutois : Francis Leboutte. Lire son plaidoyer pour une sortie accélérée du nucléaire.

En parallèle, le journaliste à convoqué le point de vue d’un des "pères du nucléaire civil belge", celui qui, quelques jours après l’"incident" de Fukushima, déclarait sur les ondes de la RTBF : "les ingénieurs et les autorités ont la situation sous contrôle. Elle évolue, c’est tout."

Dès lors, le lecteur ne perdra pas de vue que, c’est sûr, nos responsables politiques belges savent s’entourer des bonnes personnes, tel ce triste sire, Pierre Klees qui a été vice-président de la Commission "Énergie 2030" chargée par le gouvernement d’une étude sur l’avenir énergétique du pays ...

Voici la confrontation des points de vue, parue dans LLB le 12 mars 2013.

La fission nucléaire est une grande avancée technologique mais certainement pas un progrès.

Pourquoi les écologistes sont-ils fermés au nucléaire ?

La question revient souvent dans la bouche des admirateurs de cette technologie sophistiquée.

Certes, les centrales électriques au charbon étaient et sont encore polluantes mais ces pollutions sont relatives. Le risque d’un accident nucléaire grave est inadmissible pour un gestionnaire public.

Et que pouvons-nous faire des déchets ? Au mieux, ils sont stockés, sans solution. Cette absence de solution fait du nucléaire un dossier incomplet qui doit évidemment être retourné à ses auteurs qui sont invités à ne pas revenir tant qu’il n’y a pas de solution. Serions-nous en état de guerre et serions-nous de ces militaires pour qui tout moyen est bon tant qu’il casse l’ennemi et tant pis pour les dommages collatéraux ? Cet état d’esprit dépourvu de toute éthique peut être celui du lobby financier nucléaire, mais pas le nôtre.

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Vue des tours de refroidissement de Tihange,
... à proximité des zones habitées.

Benoît Dupret.

M.R. : le 10 mars était jour de carnaval à Tilff mais aussi à Tihange ! (voir le portefolio).

CRIIRAD, ce 19 mars 2013 : Perte d’alimentation électrique à la centrale de Fukushima Daiichi / une course contre la montre est enclenchée
Selon l’agence de presse Kyodo news, TEPCO a indiqué avoir des problèmes d’alimentation électrique à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (lundi 18 mars à 19H (locale)). Cela a eu pour conséquence l’arrêt des systèmes de refroidissement des piscines d’entreposage des combustibles nucléaires usés des réacteurs 1, 3 et 4 et de la piscine collective de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

La CRIIRAD rappelle que si la situation n’est pas restaurée assez rapidement, la montée en température de l’eau des piscines sous l’effet de la chaleur dégagée par les barreaux de combustible usé pourrait conduire à une nouvelle catastrophe.

La piscine du réacteur N°4, gravement endommagée lors de la catastrophe de mars 2011 contient en particulier 1 535 barres de combustible dont certaines sont hautement radioactives, l’incapacité à rétablir les fonctions de refroidissement pourrait conduire à des réactions physico-chimiques susceptibles d’aboutir à des explosions et à la libération de quantités colossales de matières radioactives dans l’environnement. Selon des informations transmises par la télévision NHK le 19 mars en début de matinée (heure française), le système de refroidissement de la piscine N°1 aurait été remis en fonctionnement le 19 mars à 14H20 (locale), celui des piscine N°3 et 4 devrait être réparé avant le 19 mars 20H (locale), et celui de la piscine collective avant le 20 mars 8H (locale). La température de l’eau de la piscine du réacteur 4 est montée de 25°C (18 mars 18H locale) à 30,5 °C (19 mars 10H locale).

Il s’agit d’une course contre la montre qui doit nous rappeler à quel point la catastrophe de Fukushima n’appartient pas au passé.

A.M. : ils ont remis en route le système de refroidissement des piscines. En fait le système de refroidissement dépend toujours des trucs et bouts de ficelle mis en place par les ingénieurs en pleine catastrophe...
Joyeux.

T.B. : Tihange 2 et Doel 3 : la fiabilité des tests de l’AFCN mise en doute

T.B. : tout est sous contrôle... Ou pas.
note : "... Les fissures - des alvéoles causées par l’hydrogène "de la taille d’un pièce d’un cent et pas plus épaisses qu’une feuille de cigarette", selon M. Bens - se sont formées dès la fabrication des cuves en raison d’impuretés lors du refroidissement du métal, selon lui. Tous les experts en matériaux sont sûrs que ces alvéoles ne vont pas évoluer dans le temps..." Cette dernière affirmation, fausse, invalide la démarche de rassurement. (Voire le précédent lien à propos de mises en doute d’une experte allemande.)

E.E. : Finalement, c’est la problématique très long terme des déchets qui plaide pour l’arrêt définitif et ce, le plus tôt possible. Le démantèlement est pratiquement impossible.

TEPCO a le nez long ...

Portfolio

une porte-drapeau esneutoise. défilé de carnaval à Tihange une porais défie une tour de Tihange Vivre à l'ombre des tous de refroidissement ? le "char" écolo le char et ses supporters faire l'autroche face au nucléaire ? le nucléaire face à Écolo Qui arrêter ? les écolo ou le nucléaire ? nucléaire, non merci. le nucléaire est "outdated" drapeaux Écolo défilé multicolor

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