Inondation ; réflexions

Lors des inondations de janvier 2011 qui ont frappé toute la Wallonie, les média ont été fort présents sur le terrain esneutois. (Visite de Rudy Demotte) Il faut dire qu’ils ont été servis avec l’annonce, le mercredi 12 janvier 2011, d’un décès au camping de Méry, par intoxication au monoxyde de carbone.

Ce drame illustre bien que les dommages ne sont pas que matériels mais aussi humains. L’étendue des dégâts pourrait-elle être limitée ?

Publié le vendredi 7 janvier 2011

Descendre le niveau des eaux.

À Tilff, l’île du moulin a été largement couverte par les inondations. Le barrage mobile a disparu sous les flots et, ce 15 janvier 2011 encore, seule une onde témoigne de sa présence.

Les murs anti-crues protègent le bas d’Esneux comme le bas de Tilff. Mais ils ne sont que palliatifs ; ils ne descendent pas le niveau de l’eau et en cas de forte crue, ne protègeraient pas du drame : le passage des eaux au-dessus de ces murs serait une catastrophe. Les murs réduisent la fréquence des inondations moyennes mais laissent planer la menace des fortes crues.

Si les crues de 2011 avaient atteint le niveau de 1993 ou 1995, et si les eaux avaient franchi les murs en certains endroits, les conséquences en auraient été cruelles.

À Esneux, le curage des égouts et la suppression du barrage ont été des facteurs considérables de la baisse du niveau de l’eau au moment des crues. À l’inverse, Souverain-Pré à été victime de négligence à ce propos.

Se pose alors la question de savoir de quelle hauteur les crues seraient-elles réduites si le barrage fixe de Méry pouvait être levé ? Quelque 40 mètres de long sur plus de 3 mètres de hauteur, cela représente 120 m² de section de lit mineur bloqué. N’est-ce pas ce qui soulagerait le centre de Hony qui s’est construit à une époque où le barrage de Méry n’existait pas ? Est-il acceptable que la production électrique de Méry soit privatisée au détriment des riverains de Hony ?

Plus en aval, les pilastres du pont provisoire de Tilff sont placés à un endroit étroit de la rivière. Ils freinent le courant.

Ces seuls pilastres causeraient 25 cm de dénivelé au moment des crues. Les riverains de Tilff seraient heureux que leurs inondations soient réduites d’autant en replaçant le pont provisoire à son emplacement d’avant-guerre, dans l’axe du château, du rond-point et de la rue Fond du Moulin. Accessoirement, du point de vue urbanistique, cet alignement éloignerait le trafic de transit de la place Albert I et aurait autrement plus d’allure que les décrochements à l’entrée et à la sortie du pont.

De même, le simple dégagement des alluvions sur la berge droite juste avant le pont permettrait un soulagement du quai de l’Ourthe ; ... une mesure trop simples ? Elle eut été probablement plus avisée que d’enrocher à la hâte les alluvions devant l’Amirauté pour assurer à l’administration d’Esneux une petite location de terrasse, comme ce fût fait en 2006 environ. Tant qu’à faire, pourquoi n’offrirait-on pas un petit carré de terrasse à chaque riverain du quai ?

Enfin, juste en amont des Prés de Tilff, le déversoir créé pour la navigation et utilisé pour une production d’électricité à l’usine de Vieille-Montagne, est maintenu au détriment de la population de Tilff. Contrairement à Méry, ce déversoir n’est plus exploité depuis des temps immémoriaux. La génératrice de Vieille-Montagne a fini dans le béton et il n’existe plus de trace visible du bief qui conduisait l’eau dans l’usine à travers l’actuel parc du Saucy.

Ce déversoir qui en temps normal accumule les déchets fait quelque 70 mètres de long sur plus de 3 mètres de haut à un endroit stratégique du lit mineur de la rivière ; exactement ce qui permettrait de réduire substantiellement le niveau des crues au centre de Tilff. Est-il raisonnable de maintenir ce déversoir fixe ? Comment son renforcement au béton a-t-il pu être justifié dans les années ’70 ?

Pour rappel, l’Ourthe inférieure qui récolte l’eau de tous les bassins versants du nord du plateau de l’Ardenne sera toujours une rivière semi-torrentielle. Il faut donc apprendre à composer avec la nature. Les aménagements humains doivent rester de portée limitée. En principe, l’habitat doit s’adapter à la rivière et non l’inverse.

Nous redoutons que les castors ne bloquent la rivière par les barrages que leur nature les poussent à construire mais dans le même temps, nous érigeons et maintenons les barrages établis de mains d’homme.

auteurs : Benoît Dupret et Michel Crépin.

P.S. : en amont du déversoir, ce 12 juillet 2014 : La "mangrove" de Tilff ...

La "mangrove de Tilff".

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