Prés de Tilff

L’objectif des Prés de Tilff était de répondre à la demande des citoyens modestes de pouvoir accéder à un centre de loisirs, avec une belle piscine à ciel ouvert ; offrir à tous les citoyens des alentours un petit moment de vacances. Pourtant, depuis la création des Prés de Tilff, Ecolo souligne que c’est une mauvaise réponse à une attente légitime. Ecolo fonde son point de vue sur plusieurs raisons :

Publié le mardi 24 juillet 2012
  • Du point de vue écologique, l’Ourthe est une rivière à débit semi-torrentiel, comme le disent les techniciens. Le lit de la rivière doit être respecté sous peine de gros déboires. Non seulement le lit mineur doit être préservé des remblaiements mais aussi le lit majeur qui doit permettre aux crues de s’étaler avant de se résorber progressivement. Le lit majeur est constitué des prairies inondables au moment des changements de saisons. Ces prés qui bénéficient des alluvions de la rivière sont très fertiles. Ils doivent être préservés tels quels.
  • Vouloir confiner la rivière à son lit mineur (celui que nous connaissons bien et le long duquel nous nous promenons,) reviendrait à canaliser la rivière dans des berges puissantes et à en faire un autoroute à poissons où ceux-ci ne trouveront plus les coins d’eau tranquille pour frayer. Fini les loutres, les martins-pêcheurs et toute la belle biodiversité des berges sauvages ...
  • Économiquement aussi, les Prés de Tilff ont été un problème. Les diverses piscines couvertes du pays ont toutes les difficultés à boucler leur budget. Dès lors, prétendre équilibrer tant soit peu le budget d’une piscine qui ne connaitra l’affluence que quelques jours par an était une évidente bêtise.
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Les Prés de Tilff sont fermés depuis des années

Petit historique :

Nous sommes en 1980. Les Prés de Tilff sont fondés sur un consensus PS-PRL-PSC. Dès cette décennie, les Prés de Tilff vont être inondés 4 fois avec d’énormes frais pour refaire tout le système électrique noyé... Enfin, le système électrique sera monté à l’étage.

Dans le même temps, le dévouement de l’équipe des gestionnaires ne pourra rien devant l’évidence : il est impossible de payer une année durant des employés avec les rentrées modestement payées, même si ce personnel est débordé de public au moment des quelques journées ensoleillées de l’année.

En 2004 : les Prés de Tilff ont déjà coûté approximativement 2 443 000.00 €.

En 2005 : nouvel échec. On ne voit pas l’ombre du premier loyer mais par contre, la Région s’abonne à des investissements annuels de 300 000.00 € par an. Était-ce réellement le projet de l’assemblée régionale et de l’assemblée provinciale qui est appelée à la rescousse ? Elles ne sont pas consultées. Le président de l’asbl de gestion, Philippe Dodrimont, estime suicidaire de ne pas continuer. On croit rêver.

En 2006, la SPRL DIBEA qui exploitait le site doit, évidemment, faire aveux de faillite. Ses gestionnaires sont victimes des erreurs de jugements des partis politiques dits "traditionnels" et qui se disent "responsables". Les braves gestionnaires y auront laissé une large part de leur patrimoine. Merci Messieurs Dodrimont & Co. Trois échecs suffiront-ils ?

En septembre 2009, on se réjouit d’une belle saison d’été et les Prés de Tilff chantent leur "cocorico". Cela n’empêche pas la piscine de perdre 20 m³ d’eau journellement ; de l’eau qui est pompée illégalement dans la rivière, qui est filtrée, chauffée et désinfectée à grands frais et qui s’en va aussitôt polluer la rivière, impunément. Un scandale qui dure depuis des années.

Au printemps 2010, suite aux inondations à Tilff, la piscine est noyée et très endommagée. Elle ne sera plus réparée ...

Au printemps 2012, par voie de presse, (Le Soir, RTC), nous apprenons que le ministre Furlan négocierait la vente du site au dernier exploitant.

Que reste-t-il du beau projet d’offrir aux citoyens modestes la possibilité d’un centre de loisir bon marché ? Rien.

Que reste-t-il de l’engagement de la Région de remettre les lieux en l’état antérieur en cas de renonciation au projet de Prés de Tilff ? Rien.

Que restera-t-il de ce coin sauvage du lit majeur de la rivière ? Des constructions intempestives tout à fait contraire à la bonne gestion urbanistique qui devrait épargner les zones inondables ? Un chancre.

Qui est qui dans ce dossier ?

Clairement, ce dossier relève de la Région. Le ministre ayant le tourisme dans ses attributions, nomme les administrateurs de l’asbl Prés de Tilff. Mr Kubla (MR), Mr Lutgen (CDH), Mr Furlan (PS), ont été les ministres successifs de la Région wallonne, ayant eu la tutelle du tourisme dans leurs attributions.

La province est aussi de la partie, pour une modeste part. Son service du tourisme a été appelé à la rescousse pour participer aux frais. Cela dit, la province limite ses interventions financières ; elle supporte déjà le dispendieux Wégimont.

Quelques personnes de Tilff aussi sont impliquées car le ministre s’est appuyé sur une représentativité locale pour l’administration patrimoniale des Prés de Tilff. Reconnaissons que c’est un échec. Heureusement, la commune d’Esneux elle-même, n’a pas d’implication dans ce programme qui dépasse ses moyens financiers.

Bien sûr, si la Région jette le gant, la question du respect urbanistique du site est une question communale ...

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Les Prés de Tilff et son entrée dépotoir

Quelle solution pour les Prés de Tilff ?

L’objectif des Prés de Tilff était de répondre à la demande de citoyens de pouvoir accéder à un centre de loisirs avec une piscine à ciel ouvert, d’offrir à tous un petit moment de vacances. Pourtant, depuis la création des Prés de Tilff, Ecolo souligne les conséquences écologiques (inondations, impact sur la biodiversité) et le risque financier pourtant prévisible ! Ecolo-Esneux propose plusieurs pistes, économiques et écologiques, au rachat par le secteur privé :

1. La zone des Prés de Tilff, aujourd’hui classée zone touristique, devrait être verte, agricole. Cette solution serait conforme au bail emphytéotique qui lie le propriétaire, la Commune d’Esneux, au preneur, la Région wallonne. Les Prés de Tilff resteraient bien des prés inondables, nécessaires à la régularisation du débit de l’Ourthe.

2. Une autre piste consiste à attribuer le site à Natagora qui souhaiterait y mener un projet du type de l’Aquascope de Virelles. Cette reconversion, qui compte 15 emplois à la clé, est conforme à l’objectif de tourisme de qualité qui est au centre de l’objectif du PCDR d’Esneux.

3. Nous sommes également prêts à envisager la possibilité de création de logements sur le site, sans oublier toutefois que la zone est inondable : c’est le premier paramètre dont il faut tenir compte. Et si une réflexion approfondie et consensuelle, respectueuse de l’environnement, aboutissait à la faisabilité d’un tel projet, il conviendrait évidemment d’y inclure du logement social.

En conclusion

Vendre purement et simplement le site à un promoteur privé serait un aveu d’échec et une solution en parfaite contradiction avec la politique urbanistique qui demande de préserver le lit de la rivière dont le cours est extrêmement variable (classée "semi-torrentielle"). Ecolo-Esneux propose plusieurs solutions écologiques qui participent au déploiement économique local et à la qualité de vie de tous les citoyens.

Ce 19 septembre 2012, réuni en assemblée générale, l’association des "Prés de Tilff" a voté sa dissolution. Lorsque la dissolution sera effective, un appel a projet devrait être ouvert pendant 2 mois. Les projets pourront être adressés au Cabinet du ministre régional au Tourisme.

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