BIC 63. Les racines d’une autre société

Mars 2011.

Nous vivons dans un des pays les plus riches et les moins inégalitaires au monde, avec un niveau élevé de protection sociale. Pourtant, un sentiment diffus de peur face à l’avenir pointe : il n’est plus du tout sûr que demain sera meilleur qu’aujourd’hui.

Publié le jeudi 30 décembre 2010

Le constat que nous faisons depuis 30 ans chez les Verts, c’est que la course à l’enrichissement à tout prix — l’accumulation pour l’accumulation — accentue le côté individualiste de notre société. La liberté individuelle progresse, de manière très inégale, mais la liberté collective, c’est-à-dire la capacité des communautés à définir ensemble les conditions dans lesquelles elles veulent vivre, recule inexorablement1. Cette évolution postmoderne a un impact sur l’homme et son environnement : réchauffement climatique avéré, catastrophes écologiques en tous genres, misère planétaire et injustices profondes.

Loin de considérer ces conséquences comme une fatalité, ECOLO a réalisé depuis longtemps que chacun doit prendre en mains son destin et inverser ses priorités.

Ainsi, ÉCOLO ose remettre en question la foi dans la croissance absolue et, à l’inverse, œuvrer pour une société du mieux pour tous et non du plus pour certains. En effet, la liberté des plus faibles, dans la pyramide du pouvoir et de l’avoir, est tout à fait illusoire tant le rapport de force est inégal. Pour ÉCOLO, une certaine forme de simplicité volontaire n’est pas du tout synonyme de pauvreté, mais au contraire de richesse humaine et de justice sociale. C’est cela la décroissance : choisir l’être humain plutôt que le profit et penser à ce que nous laisserons aux générations futures !

Dans la lignée de l’action politique nécessaire à la gestion de la cité, ÉCOLO-Esneux soutient sans réserve toutes les initiatives locales qui mettent en route la société de demain : les systèmes d’échanges locaux (SEL), les groupements d’achats en commun (GAC) que l’on peut voir à l’œuvre à l’Escale et ailleurs, les actions culturelles, associatives, rencontres citoyennes, coups de main entre voisins, etc.

Ces initiatives collectives redessinent une société où le citoyen n’est pas une marchandise au même titre que le baril de pétrole ou la tonne de blé. Un levier fort de changement pour une autre société réside dans notre capacité à maitriser collectivement notre destin… [1]

[1] (propos librement inspirés de La raison névrotique, individualisme et société. Marc Jacquemin, édition Labor, 2002)